Pourquoi un registre des baux?
28 06 2008Les associations de locataires demandent l’instauration d’un registre des baux qui permettraient de connaître le loyer d’un appartement dans les années antérieures. Si le gouvernement accède à cette demande, il fera un autre pas dans la mauvaise direction en ce qui concerne la protection des locataires les moins bien nantis. La politique qui vise à contrôler le prix des loyers mène à un cul de sac au bout duquel les plus pauvres ne sont même pas capables de toute façon de se payer les loyers les moins chers dans des conditions acceptables.
Au lieu d’investir dans le logement social le gouvernement a décédé d’économiser des millions sur le dos des propriétaires privés en les obligeant à maintenir le prix des loyers le plus bas possible. La première conséquence de cela c’est que la qualité des logements à prix modique baisse parce que les propriétaires hésitent à y faire des rénovations. Alors les locataires qui doivent quand même consacrer plus de 50% de leur revenus pour se loger habitent des logements mal foutus et souvent trop petits pour leurs besoins. Quel est l’avantage? Un promoteur ne peut plus proposer un projet domiciliaire sans qu’on l’oblige à y inclure un certain nombre de loyers à prix modique qui sont encore une fois trop chers pour ceux qui en ont besoin. En plus, ça les oblige à revoir leurs projets à la baisse comme à Griffitown ou carrément à les abandonner comme à Radio-Canada. Cela n’apporte rien de positif au développement de Montréal.
C’est normal qu’il existe un organisme pour protéger les droits des locataires comme il en existe un pour protéger les droits des consommateurs. Là où la Régie des loyers fait fausse route c’est dans la fixation des loyers. Si logement est un besoin essentiel, le logement privé est justement une entreprise privée. Le prix des loyers devrait être laissé aux lois du marché. Le fait que le logement soit le premier poste de dépense des foyers n’est pas une justification. La nourriture et l’automobile sont les plus importants postes de dépenses qui suivent. Est-ce que le gouvernement fixe leurs prix? Dans un libre marché, il y aurait toujours des logements abordables tout simplement parce qu’il y a une demande à combler. Actuellement il y a des constructeurs qui ne veulent pas investir dans ce marché parce qu’il y a trop de contraintes. Les règles en vigueur faussent les lois du capitalisme qui sont celles qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie dans laquelle nous vivons. Les développeurs doivent aussi faire face aux organismes de défense des locataires qui agissent souvent plus par idéologie que par pragmatisme. Sur l’axe politique ces organismes sont beaucoup plus à gauche que la société qui les subventionne. Leur action est parfois positive, mais lorsqu’ils s’opposent à un projet ils le font avec une force démesurée parce qu’ils savent très bien instrumentaliser les médias. Ainsi les promoteurs sont souvent perçus comme des méchants capitalistes qui se fautent des plus pauvres.
Comme je l’ai écrit ci-dessus et j’insiste, la situation du logement à prix modique est mauvaise parce que ça fait plus de 15 ans que le gouvernement ne fait pas les investissements nécessaires pour répondre aux besoins des plus pauvres. En soi, je n’ai rien contre la création d’un registre des baux. C’est intéressant de savoir combien valait un logement dans les années passées. Mais dans la situation actuelle, ce n’est qu’une autre façon de faire pression sur le marché pour contrôler les prix. Et ça c’est inacceptable. En passant, je ne suis pas propriétaire de logements ni locataire d’ailleurs, vous l’aurez deviné.
Publié par : jacqueso à 11:29:40Permalien
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